mot à mot

22 juin 2014

Le crayon s'est posé sur le papier – doucement – à pas de loup – à tâtons – comme si une peur diffuse pouvait le retenir – et puis une lettre – une autre lettre encore – un mot – un autre mot – une phrase enfin – dans laquelle va s'insinuer quelque chose comme un souvenir – une image venue d'ailleurs – d'un endroit inconnu et multiple – comme ces îles lointaines au coeur de l'océan – ces atolls aux noms enchanteurs où se confondent la terre et la mer – le feu et l'eau – le vent et les vagues – pouvoir de l'écriture où se croisent passé et présent – nuit et jour – l'autre et moi – et l'autre de moi – et toi aussi – mon frère, mon lecteur – mon amie – où folie et raison se mêlent dans un tourbillon incessant – et où le rêve prend forme et réalité en se confondant. Pays de l'écriture envahi par les flots – bercé par la mer – où se côtoient le noir basalte et la blancheur de l'écume pour donner une perle noire aux reflets de nacre. Magie des mots – d'une écriture capable de dire ce qui n'a pas encore été inventé – de donner vie à des mondes encore inconnus – à des amours nouvelles – des rêves inaboutis. Il existe un présent de l'écriture qui permet de réunir ce que la vie et la mort s'obstinent à séparer tout autant que le vent et les tempêtes. A qui sont donc ces mots ? à toi – à moi – à nous – à mes enfants – aux tiens – à tous les hommes, autant à celui qui marche qu'à celui qui écrit – qui rêve – ou qui aime – et de quel outil le poète a-t-il le plus besoin ? son luth ou son crayon – et de qui Laure est-elle la fille ? de Pétrarque ou de sa mère aux bras si tendres – ma feuille rendra-t-elle un jour l'éclat de tes yeux – la chaleur de ton sourire – la musique de tes mots – autant de parfums – de sons enchanteurs – de larmes étincelantes – paysage de Cythère, flots tourbillonnants. Peut-on vivre un amour, si on ne l'a longtemps rêvé ? Je ne serai jamais plus près de toi qu'en t'écrivant, ni plus loin – ces mots qui nous enchaînent pourront-ils jamais nous libérer ? Mots longs, mots courts – mots sus, mots dits – mots en forme de montagnes – de nuages – de galets – tour à tour aimables et rebutants – tristes et joyeux – maudits mots pas encore dits, toujours ressassés, répétés.

423869-toile-montagnes-saint-remy-vincentVan Gogh

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21 juin 2014

Qu'est-il donc arrivé aujourd'hui ? Que peut-il arriver ? Qu'est-ce qui arrive ?
Le solstice – l'été – un voyageur – un événement – quelque chose de nouveau – de permanent – quelqu'un – rien. Et si – mais pourquoi – une fois – une fourmi – un brin d'herbe – un souffle – une musique – une voix – un rêve. Tous ces mots – un seul mot – rien qu'une fois – un sourire – un regard. Le coeur de la maison bat. Le chat dort – l'eau du robinet coule – le bruit d'un insecte. La pendule égrène les secondes – quelqu'un est passé. Je suis arrivé chez moi – en un lieu autre – je suis là – ici – en ce moment – en cet instant – un endroit plein de bruits et de senteurs – où se mêlent présent et passé – calme et fureur. Endroit secret – caché – écrin de verdure – trésor enterré où règnent l'ombre et la piété – dehors un chant d'oiseau – un instant de grâce – un jour nouveau si désiré – si long à advenir. Un autre est là – qui m'habite et m'accompagne – ses mots sont les miens – il me parle avec douceur – je connais sa voix – ses intonations – qui chantent à mes oreilles. Le soleil luit entre les branches et recouvre la terre de son rutilant manteau – la brise dans les feuilles fait entendre un murmure mélodieux – l'apaisement gagne mes sens et mon esprit.

plaine près d'Auvers 1890Van Gogh

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12 mai 2014

Oiseau – soleil – ciel onctueux.
Plus rien d'autre qu'une feuille stridente qui piaille au-dessus de nos têtes. Et puis ce silence bourdonnant plein de cris et de rumeurs.
Ecrire n'importe quoi – à n'importe qui – n'importe comment – pour lui dire ce qu'il doit savoir – doit apprendre – et entendre. Il est des journées sans vent et des nuits sans sommeil – des histoires d'amour sans début ni fin – des jeux interdits – des gestes interrompus – des écrits inachevés – des enfants battus – des femmes violées – des hommes sans honneur – sans fortune et sans joie – aux destins étouffés – aux membres mutilés. D'où vient cette souffrance, cette injustice ? ces cris ? Qui peut s'autoriser à mutiler son frère – à lapider sa soeur ? Monde inabouti – monde vain – monde sans fin. Jour d'ivresse, de colère et de haine – où l'innocence est punie – et le coupable récompensé – où la laideur règne en maître ainsi que l'injustice. Et seule l'écriture peut en dire l'horreur – rappeler qu'il existe une autre réalité – que quelque part luit le soleil et coulent les ruisseaux – que la beauté existe et aussi la bonté – un sourire d'enfant – une main secourable – Les mots qui rassurent – qui sauvent – qui caressent – La musique qui vient enchanter nos oreilles – donner sens à nos rêves – réaliser nos espérances – nommer nos sentiments – leur donner vie et forme – enchanter nos plaisirs – partager notre monde.

Vincent_van_Gogh_(1853-1890)_-_The_Olive_Trees_(1889)Van Gogh

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10 mai 2014

Stromboli

La mer – la terre – le volcan – le feu – l'air – le souffle – la lave.
Rougeoiement sur la terre noircie – les fumées blanches – grises – noires.
Et pourtant le vert d'un printemps flamboyant, parsemé de fleurs multicolores – végétation luxuriante d'une terre volcanique riche en nutriments et en énergie.
Le son rauque et intermittant de la montagne comme la respiration de la terre.
Tout autour l'infini de la mer qui semble disparaître dans l'horizon du ciel, plaine multicolore en fonction de la hauteur du soleil et de la lune qui l'inonde de ses reflets argentés. Mariage des éléments. Rencontre permanente entre le ciel et la terre. L'homme lui-même disparaît dans cette harmonie qui lui donne un autre visage – une forme nouvelle, plus d'humanité.
Les bateaux sur la mer semblent de grands oiseaux au vol majestueux – et dans le village chacun vaque à ses occupations en fonction des heures de la journée – telle une ruche bien ordonnée.
Harmonie enfin réalisée entre le féminin et le masculin dans cette rencontre permanente entre les éléments, cristallisée par le volcan, point où tout se mêle, s'entrechoque et se fige sans s'immobiliser dans une reconstruction toujours renouvelée.
Moments de grâce bercés par le rythme des vagues et le mouvement de la houle où se profile l'horizon.
Ainsi il est des endroits où l'humain peut s'écrire – se dire – se chanter – dans un bercement originel et l'éclat d'une lumière étincelante d'un blanc immaculé.

rothko-1952Mark Rothko

J'aurais pu ne pas venir – ne pas venir ne pas écrire – ne pas lire – ne pas tenir – ne pas verdir – ne pas gémir.
Ne pas réunir – ne pas réussirne pasrugirne pas subirne pas ternirne pas quérirne pas guérir.
Et aussi ne pas te voirte toucherte sentir et puiset puis...
et alors je pourrais faire la guerrela coursela siestele clownle chatle mortde la motodu travailde la soupe et même du thé.
Je pourrais alors dessiner un chatgrimper aux arbresécouter un oiseaumonter sur un volcannager dans la mervoler dans un aviontenir la main d'un enfantchanter une chansonlire un poèmevivreici et ailleurslà et maintenantaujourd'hui et demain.

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06 avril 2014

Silence – douceur – lumière rougeoyante dans un âtre disert – le pas du chat sur le parquet – plus rien ne bouge – geste esquissé – pas feutré – la maison se tait – le vol d'un ange au sommet de la colline – la chute d'un oiseau au firmament.
Les ombres ont disparu – il est midi.
Dieu s'est tu – tu est mort – je suis là.
Je est la mort – tu m'as tant – ici et maintenant – là est ailleurs – point trop n'en faut assurément – juste – un peu – naît sincèrement – à l'or est deux fois la vie – mort où est ta vie ? à voir enfin – il n'est point de jours – ni même de nuit où tu ne m'as dit ce qui devait advenir pour nous deux – et puis encore – à vous veau – comme s'il est – vu ou dit – l'homme noir traversa la place à grandes enjambées – le feu pouvait enfin s'éteindre – le fou pouvait enfin s'étendre.
Ailleurs est là – Rene va mieux – il revivait – ainsi parlent les morts – tous ceux qui nous empêchent de mourir ou d'aimer – ou d'être ailleurs – ou de naître là – (être las) – je vous hais – je est vous – un souffle – un rayon – le soleil a dispersé les nuages – une musique s'installe entre le dedans et le dehors – la brise secoue les feuilles – bouscule les pétales.
Encore un mot – une note – un silence – quelque chose – quelqu'un – peut-être – assure et ment – vert de terre – mots tards de Ste Eulalie – un oiseau s'est posé sur la branche du poirier – le chat hante la mais...

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05 avril 2014

Le ciel est gris. La brume recouvre la maison – lourde d'humidité – Dans la cheminée, le feu crépite et les flammes se tordent dans un sombre rougeoiement – les oiseaux emplissent l'air de leur chant cristallin – la chatte ronronne sur le divan en polissant son poil d'une langue rugueuse.
Avec application la maison remplit sa fonction protectrice – alors que dehors le brouillard dissimule le monde des collines, ce monde paisible où se cache toute la violence de l'humanité – enfouie sous une nature luxuriante.
Le silence étend son voile comme une épaisse couverture.
Atmosphère calfeutrée pleine de mystère et d'épouvante qui recouvre les hurlements d'un monde déchiré où se côtoient tour à tour la haine et la lumière.
J'entends les cris qui s'élèvent au-delà de l'horizon – les pleurs des enfants, la résignation des vieillards.
Ce peut-il que la haine arme le bras d'un massacreur d'enfants – ou n'est-ce pas plutôt un amour ignoré – le poids du désespoir – la fuite de l'angoisse – cette peur inextinguible d'une mort annoncée ?
Instinct de mort – souffle inabouti et inversé d'une vie condamnée à la souffrance, à la misère et à la haine de soi – au point que seule la mort peut l'apaiser, mort de soi ou mort de l'autre, confondus dans la même vision.
Il est des amours mortes et des haines vivaces, ancrées à l'humain comme la ronce à son buisson – que rien ne peut extirper et qui repousse sans cesse – oui, je t'ai haï de ne pouvoir t'aimer – j'ai souhaité ta mort – et arracher ton coeur – ouvrir une poitrine qui ne m'avait point accueilli. Mérite-t-elle de vivre celle qui n'a pas su m'aimer et par là même m'a condamné à mort – précipité dans l'enfer de la non-vie du désespoir et de la solitude.
Chère solitude  – la mienne – qui n'a d'égale que la tienne, cette fidèle compagne – cette amie sans faille – mon amante ma soeur – que deviendrais-je sans toi ?

rodin-ca-1883-fugitive-love-fugit-amorAuguste Rodin

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16 mars 2014

Bon anniversaire

Retour en soi, avec soi – en moi – pour installer l'écriture – ou plutôt les mots, les images qui sont tapis au fond de moi. Tant de poussière sur l'aile du penseur. Tant de mots endormis dans autant de recoins qui attendent que la nuit arrive pour surgir au bout des doigts. Bon anniversaire, mon lecteur – mon voisin – mon autre – toi, l'inconnu, le frère, le poète – l'oiseau, la fleur – l'arbre. Redeviens toi-même – reviens à la vie – chante ton bonheur – berce mes nuits – Renaître au printemps puis reposer à l'ombre. Grâce aux mots je peux chanter – parcourir le monde – traverser l'océan de mes souvenirs – la nuit de mes rêves – me nourrir de ton sourire et percer l'éclat de tes yeux. Et si les mots servaient à voir – à entendre – à toucher – à aimer – et à donner naissance à des silences, des silences pleins, mélodieux, enchanteurs, non ces silences muets, désespérés, de la couleur de cette eau glauque qui se referme sur le désespoir. Une ritournelle, un chant, que dis-je, des mots d'oiseaux sans cesse répétés, redis comme un hymne au soleil, au jour, aux vibrations de l'air, au bruissement des feuilles. Autant de mots que d'anniversaires. Tout autour de moi jaillit un monde nouveau, coule une sève abondante comme un flot de parole où chacun peut s'abreuver à sa convenance, à son bon plaisir, tel un regard d'enfant posé sur l'étendue de la vie, en forme d'étonnement. Écrire pour un autre sans adresse, est-ce écrire pour tous – ou pour personne ? seulement pour moi-même ou que pour toi, mon aimée, ma soeur – mon ange – cette inconnue vêtue de noir – rencontrée dans un rêve, à la fois fille des îles et papesse borgne – jaillissante de l'écume et couronnée de l'éclat du volcan.
A moins que ces mots sans suite, sans fin, cette musique n'ait d'autre but que de cacher, de recouvrir, de disperser un désir inabouti, un geste esquissé, une soif inextinguible que nulle source n'abreuvera – jeu de mots – rencontre impossible.
La lumière du soleil écrase la savane en feu, brûle la végétation et les hommes qui attendent la pluie bienfaisante et nourricière.
L'oiseau continue sa chanson au sein de sa forteresse de verdure – appelant sans fin sa tendre partenaire.
Et je continue de poser des mots inutiles comme autant d'appels au secours – de plaintes silencieuses, de gestes esquissés vers des autres étonnés de se reconnaître dans d'aussi vaines lamentations.

p_PICT0116J. Bosch - détail du Jardin des délices, 1503-4

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08 février 2014

Le feu ronfle dans la cheminée pendant que dehors souffle le vent par courtes rafales – soirées d'hiver – souvenirs oubliés – gestes esquissés – débuts de phrases – mots suspendus.
Il est des amours mortes et des fleurs fanées, des mondes inconnus et des astres éteints – il est aussi des rivages inexpugnables bordés de rochers creux et de vastes éboulis – des cieux d'encre – des murs effondrés.
De loin en loin sonne le tocsin.
Il n'est point de refuge – ni d'encorbellement où le pauvre pèlerin trouvera un abri – il est si long le chemin qui mène jusqu'au rivage de l'île de Lesbos aux vergers odorants, à la senteur de myrte et de rhododendrons – point d'écho ni de bruits répondant à mes plaintes – seul le silence – et les vagues viennent battre les rivages de mon âme torturée – et puis un peu plus loin, à l'écart, à l'ombre d'un cytise paît un chevreau roux.
Temps suspendu – rêve inaccompli – troublé par le murmure d'un ruisseau empli de larmes et d'eau fraîche.
Instants multiples et décousus, veine inénarrable, images intermittentes qui flottent autour de moi comme des rubans de prières.
Je hais les mots et leur funèbre cortège à la poursuite échevelée d'un fou discrétionnaire. Et puis un jour viendra où se taira l'ami rencontré par le plus grand hasard sur la rive d'un lac peuplé de carpes multicolores.

brou de noix sur papier 1946Pierre Soulages - brou de noix sur papier, 1946

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06 janvier 2014

Le jour s'est tu. Un silence ensoleillé règne sur le paysage. Soleil d'hiver – qui succède à une tempête nocturne.
Le souffle rauque de la maison fait entendre sa triste mélopée – et remplit le calme assourdissant.
Le soleil nous couvre de ses rayons comme une main chaleureuse qui voudrait réchauffer nos coeurs endormis.
Au sein de l'âtre une bûche se tord sous les atteintes du feu et tente vainement d'en distraire les morsures.
Et tandis que les arbres tendent vers le ciel leurs branches décharnées, une petite musique envahit l'atmosphère où se traînent des lambeaux de brume nuageuse.
La jeune chatte n'oublie pas de me rappeler à l'ordre gentiment en caressant ma jambe alanguie – c'est l'heure de mon repas, serais-tu en retard ?
Un bruit de papier froissé déchire le silence. Il me souvient de ton regard – de tes mots – qui ressuscitent ton départ pour un endroit mystérieux par-delà le Styx et ses épais brouillards – jusqu'au paradis que tu désirais tant. Sois enfin heureuse et daigne te souvenir du plus profond de ta félicité d'un pauvre hère condamné à arpenter la Terre dans la quête sans fin d'un amour éperdu.
Il est des soleils noirs et des jours enflammés – la mort n'est qu'un passage entre deux univers où s'affrontent tour à tour nos espoirs et nos souvenirs, nos larmes et nos rêves, nos peurs et nos amours – lieu de consumation et d'aboutissement – 
Quand donc reviendras-tu ?
Il est des maisons vides où chaque espace est habité – chaque recoin – et puis d'autres...
Je pense à toi – à nous – à eux – les présents – les absents – les morts – les vivants – à moi.Londres, le ParlementClaude Monet trouée de soleil dans le brouillard (Londres, le Parlement, détail)

 

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23 novembre 2013

Existe-t-il un au-delà de l'écriture ? un monde sans mot – un nouveau monde – à la fois plus vrai que l'ancien et cependant inatteignable – dehors un corbeau croasse – quelque chose s'écrit derrière le paysage enneigé – et le brouillard glauque d'un hiver précoce.
Et puis doucement le vent a caressé les branches recouvertes d'une pesante neige. Je ne sais de quel pays je viens – quels horizons ont jalonné mon chemin. Le soir tombe avec lenteur.
Projeter les mots sur la feuille comme des coups de pinceau sur une toile – avec rage et application – avec des larmes – tenter de décrire l'amour à l'orée de la vie – face à une morne plaine encombrée de vestiges.
Et puis revenir en arrière – chercher un chemin au milieu des broussailles – parmi les feuilles mortes.
Ne plus rien attendre pour enfin découvrir le fruit enfoui dans la glaise odorante. Brosser à grands traits le tableau d'une vie hantée par ton absence – auréolée d'autant de reflets multicolores – aux couleurs des îles océanes.
L'or coule entre mes doigts. Le vent chasse la brume. La crête argentée des vagues bat la rive et envahit la plage. Les cocotiers trempent leurs feuilles dans le lagon doré.
En une phrase changer d'hémisphère – de saison – d'horizon – et passer de l'hiver continental à l'été boréal. Repousser les limites d'un monde étriqué. Reconstruire le chemin des paradis perdus. Dormir, enfin dormir dans le creux d'un vallon en rêvant d'un automne aux couleurs chatoyantes.
S'enrouler dans tes bras – se lover contre toi – entouré des étoiles – de leur lumière ruisselante et s'enfoncer dans le rêve comme dans les flots tièdes.

Comme un tableau vivant – comme un chant mélodieux qui frappe aux racines des cieux – le temps file entre mes doigts à la manière du sable et recouvre se ses atteintes les amours enfouis – il n'est plus temps de chanter la brune Desdémone aux doigts bordés de roses, mais bien de rejoindre le royaume d'Hadès au plus profond des flots.


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Bengt Lindström

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