La vie de quelqu'un sur une plage – la vie d'un oiseau dans le ciel – d'un poisson dans l'eau – d'une mouche sur la vitre – d'une abeille dans la ruche – d'un enfant au bord de la route – d'un poète en face de la plage – d'un ami quelque part – il ne sait pas ce qu'il vit – personne ne sait ce qu'il fait – le voyageur dans la gare – le train sur les rails – le bateau sur l'eau – le naufragé dans son île déserte – le naufrage – la catastrophe – les larmes.
Mais où est donc passé mon chat ?
Parti – réfugié – perdu – dans un endroit à lui – dans un pays d'ailleurs – sous un ciel nouveau.
Qui peut le dire ? Qui le sait ? Qui le veut ?
La vie d'un autre qui croise ma propre vie – une nouvelle – un renouveau – un souvenir – un état – une recherche – un souffle – un bruit.
Le bruit du vent – de l'eau qui bout – de ce qui passe – de ce qui vient – de ce qui ne peut arriver.
Et puis aussi un chant – un air – un refrain – une espérance – un rêve – plus rien d'autre – jusqu'à aujourd'hui – sauf peut-être demain – demain comme un jour nouveau – demain comme un autre monde – une aube nouvelle.
L'endroit où naît l'arc-en-ciel – d'où il surgit – le ventre maternel d'où vient le nouveau-né – d'où il s'origine – se constitue – se rassemble – d'où il éclot – le sein qui nourrit – la main qui se tend – le regard ébloui sous la lumière crue – le souffle qui ressemble à un cri – le cri de libération – de résolution – de détresse – d'amour – de vie.
Le premier et le dernier souffle.
Le premier et le dernier soupir.
Le vent qui fait claquer les voiles.
Le printemps qui succède à l'hiver.
Le froid après la chaleur – le calme après la tempête – ce qui est – ce qui arrive – ce qui vient.
Les pas tout au long du chemin d'un improbable pèlerin.
Le matin qui succède à la nuit peuplée de fantômes – le soleil à la lune – la vie à la mort.
Le ciel et les étoiles – dans le firmament constellé – et puis vînt le sommeil comme un éclat de rire – un sourire – une aventure nouvelle dans un autre monde – où se mêle présent et passé, amis et animaux – images et ressentis – pays sans retour – libération – aboutissement – lieu de résolution – pays des rêves où tout arrive et rien n'existe comme un grand bateau ivre sur l'océan des désirs.
Quelque part quelque chose avec quelqu'un et parfois dans le lointain, comme une musique – à moins qu'il ne s'agisse d'un carillon – d'un chant d'oiseau – du bruit de la rivière.
Encore un jour – encore une année – encore un siècle.
La course folle de la terre dans l'univers – le voyage des nuages dans le ciel – l'orage qui tourne – les éclairs qui luisent – la tempête qui rugit.
Il n'est plus temps de se reposer – plus temps d'attendre – plus temps d'espérer.
Lueur étrange d'une aurore sans voiles.
Quel bruit peut donc faire une fontaine desséchée ? quand aux cris des mouettes se mêle le chant de l'oiseau de Minerve – la danse du soleil avec la lune et le vent de nos désirs – à l'horizon de nos rêves – et puis quelque chose de ténu comme le souffle de la brise qui soulève une feuille dans un ciel immobile.
Après tant d'années – reverrai-je un jour fleurir les mimosas ? Retrouver une odeur – un visage – une voix. Bercer une illusion dans le creux de mes bras. Rêver d'une autre vie. Mourir un beau matin. Respirer le jasmin. Revenir d'un lointain pays où souffle l'harmattan et chante les tambours. Se lover dans un souvenir comme un enfant dans les bras d'une mère inconnue qui chante une berceuse, étrange mélopée aux contours incertains.
La valse des mots – les rythmes enchevêtrés – les images qui se bousculent sans autre but que de se raconter et de parsemer l'horizon.
Au-delà de l'absence – la fuite des mots – une ronde ininterrompue de gnômes grimaçants au ménage des étoiles – aux souvenirs éteints, aux gestes esquissés et aux paroles non dites.
Il est enfin arrivé celui qui n'est jamais parti – celui qui se tait – celui qui se cache dans une prison secrète aux murs indéfinis – enfermé dans lui-même – comme un rêve d'enfant qui ne saurait se dire...
Lorsque je suis venu... encore une fois sur une planète inconnue, à une époque indéfinie – dans un monde transparent – une fleur étrange aux pétales multicolores surgie de nulle part.
Ailleurs passe un oiseau – puis un chien – un chat et un homme – ailleurs un aboiement – une plainte – un cri – ailleurs un fou se tait – ailleurs le bruit du canon – ailleurs une larme silencieuse sur une joue flétrie – ailleurs quelqu'un qui me ressemble et à qui je ressemble mais qui ne serait pas moi – voyageur venu d'ailleurs – double indistinct.
Doucement le souffle emplit la poitrine de cet autre – il prend forme à chaque respiration – il redevient ce qu'il aurait pu âtre – il disparaît dans un incessant mouvement circulaire autour de la fontaine.
Qui donc m'indiquera le chemin à suivre ? Qui me tendra une main miséricordieuse ? Qui peut encore surgir sur le chemin ?
Il ne surgira plus cet autre sans voix – ce voyageur sans bagage – cet ami d'ailleurs – jeu étrange avec des dés ronds et des cartes muettes – ciel encombré de lourds nuages glauques aux reflets métalliques.
Plus rien ne bouge, que des mots sans musique, des gestes inaboutis, des sons étouffés.
Dehors l'épaisseur de la nuit recouvre le quartier où s'éteignent un à un les flambeaux de la fête.
Il n'est plus temps de dire – ni de faire – ni d'espérer.
Tout juste pourrait-on entendre au loin le galop de la blanche cavale sur les pavés disjoints.
Image d'un soir – à l'ombre d'un clocher éteint – geste esquissé – rêve inachevé – plainte obsédante au soir de l'existence, au retour d'un voyage où se mélangent l'eau et le feu, le ciel et la terre – le nouveau et l'ancien monde – le noir et le blanc – ton souffle et le mien.
Vide – absence – comme une musique de Bach – plénitude du vide – escalade – descente – voyage au bout de soi – en soi – et risque de se perdre – de ne plus voir – de ne plus être.
Dehors il pleut – il pleut sur la ville – doucement avec application – avec lenteur – je ne sais plus – je ne sais plus ce que Marco a emporté avec lui de moi – je ne sais pas non plus ce qu'il m'a laissé – que va devenir le monde sans lui ?
Naître et mourir – mourir pour naître – enfin – dans un même mouvement – prendre conscience de la marche lorsqu'on s'arrête de le faire – comme un autre pas – un dernier pas – une respiration suspendue – un coeur qui ne bat plus parce qu'il a trop souffert trop aimé – et renaître en mourant dans un autre monde en un autre temps – s'envoler comme un oiseau – trouver enfin la vérité – celle qui existe dans l'au-delà des mots – le verbe incarné – la vie retrouvée – y être enfin – comme si quelque part se trouvait un ailleurs – un lieu où chacun peut vivre – espérer – sentir – écouter couler en soi le flot tumultueux de la vie – sans chaîne, sans limite – sans rien pour l'entraver.
Enfin libre ou plutôt libéré.
Petite musique insistante, dont on ne parvient pas à se libérer – monde nouveau peuplé de fleurs multicolores et d'animaux singuliers – il n'existerait plus de murs, plus de garde-chiourmes, plus de misères, plus d'injustice – seulement le plaisir d'une rencontre – le goût délicieux des fruits de l'été – l'éclat d'un regard – la chaleur d'une main – la fièvre d'un baiser – la douceur d'une liqueur suave et odorante.
Ainsi va la vie et l'ombre du marcheur en quête d'éternité – imaginer que la mort puisse enfanter la vie comme nous l'enseigne la nature à travers les saisons.
Juste une fois – une autre fois – encore un jour – un instant – un moment – qu'un nouveau souffle s'échappe – s'invente et que surgisse un regard d'enfant – un rire cristallin – comme une fleur au printemps.
Et tout pourra renaître – ressusciter comme au premier jour.
Il est des voyages que l'on ne peut oublier – et des matins clairs et des soirs sans fin. Il est aussi des amis qu'il faut quitter pour les retrouver – ainsi un amour n'est pas accompli avant sa disparition... Ainsi tombe le jour – un soir – un dernier soir – au vent d'hiver.
Marco est mort hier. Hier. Hier. Hier. Hier Marco est mort. Quelqu'un est mort. C'est Marco. Il serait donc quelqu'un.
Marco est quelqu'un. Il est devenu quelqu'un en mourant. Avant ce n'était qu'un fou – enfermé – dangereux – inutile – sans parole – sans voix – sans vie. Il n'était pas quelqu'un.
Pourquoi faut-il mourir pour devenir quelqu'un ?
Hier Marco est mort. Arrêt cardiaque...
Marco avait donc un coeur – comme tout le monde – un coeur qui battait encore avant-hier.
Les fous ont donc un coeur – et une âme – et un esprit, et des jambes, et des mains, et des pieds et...
Marco n'a plus tout ça parce qu'il est mort mais avant...
Marco n'existe plus et avec lui c'est la folie qui a disparu – sa folie à lui – son étrangeté – son regard – son monde.
Je sais bien ce que Marco aimait – ce qu'il revendiquait, ce qui l'obsédait jusqu'à hier : la liberté.
Il ne parlait que de ça – il n'attendait que ça – d'autant plus que ses liens le lui rappelaient chaque jour. Certes il n'était plus à l'HP mais attaché dans son lit d'hôpital, dans son fauteuil d'hôpital – sans habits – enfermé dans son statut de fou – privé même de nourriture, pour sa santé.
Aujourd'hui Marco est libre – et il ne peut plus mourir – d'abord parce que c'est déjà fait et ensuite parce que son combat est aussi le nôtre, celui pour lequel tombent chaque jour tant de gens, tant de personnes – tant de quelqu'un – et que la mort est toujours le meilleur moyen d'y parvenir – de la faire sienne – de la réaliser – de donner un sens à sa vie et des enfants à son espérance. Ce combat-là a été le sien jusqu'à la fin et continuera à se mener sans lui ou plutôt après lui – et avec lui aussi, avec sa mémoire, son souvenir.
Son parcours est singulier. Je ne connais personne d'autre qui peut – qui a pu – survivre à 30 ans d'UMD différentes, en conservant jusqu'au bout son désir de lutte et sa revendication à être lui-même – à exister – à en sortir. Ce désir s'est éteint lorsqu'il s'est trouvé confronté à l'enfermement ordinaire – le nôtre – celui de chacun de nous, dans les méandres de l'existence et de la vie libre et ordinaire – la vie de tous les jours – la vie sans chaînes visibles, sans autres liens que ceux de l'illusion d'être libre ainsi que les affres de la maladie et la cohorte des soignants dans le cadre mortifère de l'hôpital général.
Et puis il est des combats sans fin et sans perspective de victoire – celui pour la liberté en est un – et Marco a dû se rendre compte hier qu'il s'était trop battu et que son coeur n'y tiendrait plus.
Dessinez-moi donc une orange...
Un voyage
Tombe le jour. Nuit d'ivresse.
A vrai dire je ne sais pas où est passé mon chat. Ça y est je l'entends. Il est là. Il n'est plus là. Il est encore là. Il sera bientôt là.
Mais quel est donc cet animal qui hante mes rêves ? Pourquoi me fixe-t-il avec tant d'insistance ? D'où vient-il ?
Je regarde la plante qui me sourit. Sourit. Souris. Chat que fais-tu ? Qu'attends-tu ? Cours. Court. Il est bien court le chemin qui me conduit vers toi. Quoique... Nul ne sait. Rien n'arrive sans peine. Ne pleure donc pas. Viens te réfugier contre mon épaule.
Ah ! si Nicole nous voyait – suant, soufflant, gesticulant dans les méandres de ses mots – l'incongruité de ses ressentis – les ressacs de sa pensée – il est bien temps de quitter ceux qu'on a à peine aperçus à l'ombre des micocouliers de la plaine royannaise – dehors chante l'oiseau de nuit – chouette de mon coeur – minerve aux yeux de jais agrémenté d'une natte blonde aux reflets d'améthyste.
Il est encore à venir le temps des soupirs sous le pont de l'Isère, aux contreforts de Saint-Barnard – à l'ombre de son clocher branlant.
Dehors plus rien ne bouge – ni l'air, ni les feuilles, ni la nuit qui revêt le paysage de son gris manteau. Il est des jours sans éclat et des nuits sans lune et des matins gris aux reflets argentés. Il est aussi des femmes au goût d'épices, couleur des îles et imbibées de mystère qui ambitionnent de remplir le monde de rêves multicolores et somptuaires.
Mais il est déjà temps de vous quitter pour un voyage éponyme dans un ballon arc-en-ciel au firmament des cieux.
La maison vide
Un, deux, trois, soleil – quatre, cinq, six, un cri dans la nuit – sept, huit, neuf, tout est fini – quelque chose est arrivé – quelqu'un est venu – un soir d'automne – un chat miaule – une mouche vole – un bruit étrange – une musique inconnue – un ailleurs sans au-delà – les feuilles tombent – les souvenirs s'envolent au gré du vent – il est quelque part des jours nouveaux qui ont le goût de l'orange – la douceur d'une friandise enveloppée dans un papier d'argent.
Au gré des vents – les larmes du voyageur sans retour – il n'est plus temps de descendre les marches de l'Hôtel des Voyageurs et de rassembler ses valises en une vaine pyramide.
Un espoir est né dans un sein virginal – depuis bien longtemps plus rien de bouge à l'horizon de mes années – la rumeur s'est tue qui berçait mes oreilles et ce que j'ai cru n'est toujours pas arrivé – il n'est pas revenu, l'ami d'ailleurs.
Si je ne te revois pas, faudra-t-il encore t'oublier ?
Te chasser de ma mémoire et de mon horizon – qui me tendra une main secourable – un éclat de rire – une nouvelle espérance. Peu me chaut. Que la solitude se tapisse au fond de ma mémoire – et qu'elle obscurcisse les nuits sans lune. Je n'ai d'autre désir que de voir renaître l'aube et s'éteindre les cris de rage qui s'élèvent du fond de l'horizon.
Encore une fois – une autre fois – en un autre lieu – à un autre moment – sous une autre forme – avec une autre personne – à une autre place –
Ailleurs – bien sûr ailleurs – comme si une relation autre avait pu naître ailleurs qu'ici –
Et pour une fois je ne t'aurais pas vu – pas vu pas su – pas mu – pas revu – ni entendu – ni vécu – ni reçu – ni rien.
Ainsi fut-il – peut-être arrivé – que quelque chose sortirait de cette relation – sans aucun autre fondement que le désir qu'elle se produise – un jour – une fois – une seule fois – à cet endroit connu de moi seul en un seul instant.
Assis sur un rocher, au milieu des flots – au fond des bois – dans le silence du désert – sur une scène de théâtre – sans fond – sans murs – sans horizon.
Baignant dans l'air poisseux d'un automne orangé. A l'aube d'un jour blafard veiné de stries ombragées, les mots s'enfuient à tire d'aile dans un vacarme assourdissant. Ils sont pareils à ces oiseaux qui obscurcissent le ciel. Ils ont le goût des larmes – la saveur du fiel – amers et vains – trompeurs et mesquins – Seulement bons à recouvrir les dépouilles éparpillées par les vainqueurs obscurs d'une révolte avortée.
Il est des jours sans fin et des nuits sans étoiles, des gestes esquissés – des pas suspendus – comme des baisers sans goût et des amours éteintes.
Dehors les lambeaux de la nuit recouvrent la place silencieuse où se meuvent des ombres inconsistantes et des fantômes lugubres.
Mo – mu – na – re – pas – encore – je l'ai vu – su – ru – passe vent – une note – un mot – quelque chose – quelque part – ce qui vient.
Je ne sais – je ne suis – un courant d'air – une voix – encore une voix – un nouveau mot – quelque chose qui se dessine – en forme de galet – comme une pierre ronde – douce – lourde – un espoir – un regard – un corps nu qui se meut dans la nuit – au clair de la lune.
Une musique qui nait en silence, à l'ombre d'une jeune fille.
Pour une fois – une autre fois – ailleurs – ici et maintenant – sans fin.
La corde vibre doucement – comme l'écho – surgit de l'ombre et déroule sa mélopée.
Il pleure, il gémit – il a froid – celui qui n'a pas d'ombre pour s'étendre – d'ami pour lui donner la main – voyageur du soir.
Etre là – ne pas y être – en revenir – à la lumière des étoiles – dans une autre vie – un rêve inabouti – un geste esquissé – ce qui bouge au souffle de la brise.
Passer de l'un à l'autre dans un long mouvement.
Revoir et ressentir des effuves rassurants – Respirer et recevoir – Aspirer à être à nouveau avec toi – dans une île lointaine – un monde inconnu – perdu au milieu d'un océan sans bords.
Jusqu'ici je l'ai cru – sans savoir – sans toi – sans autre que moi et mon ombre – dans la nuit ce soir.
Ce soir quelqu'un est arrivé – s'est assis – il est là – nouveau – inconnu – sans voix – sans rien.
Il est l'homme silencieux – celui qui se tait – qui attend – celui qui n'est pas né – pas encore.
Encore une fois – un autre jour – un autre soir – il ressemble à cet autre, sans visage, sans voix – sans mains – comme un ange sans nom – revêtu de ses ailes.
Ailleurs quelqu'un va venir – une étoile est née – un vent se lève – la vie s'écoule – la mort est là – tapie dans l'ombre – elle attend que la nuit tombe – que le silence advienne – que les lumières s'éteignent – elle seule peut se nourrir de la brume du soir.
Plus rien ne bouge – la surface de l'eau est lisse comme un miroir sans tain – aucune ondulation n'en trouble la surface.
Quand donc viendra ce visiteur inconnu dans son large manteau ? fantôme d'un soir – de ce soir – invité sans visage – fol ami – vieux complice – celui qui me tient par la main et m'autorise à vous rencontrer – musicien muet.
Ombre naissante d'une aurore sans visage. Est-il déjà l'heure de renaître ? L'heure de surgir d'un au-delà marmoréen – aurore boréale – vaste draperie – lumières phosphorescentes – vestige d'une rencontre – espérance toujours renouvelée.
Les mots s'enfuient sans que je puisse en rattraper un seul. Ils sont pareils à des bulles de savon qui éclatent dès qu'on s'en approche. Ils prennent des directions imprévisibles. Ils grimpent dans les hauteurs.
Je ne sais plus ce que je fais ici – ce soir – avec toi – sans bruit sans fleurs – sans autre issue que la profondeur d'une feuille où se heurtent des mots insensés.
Quelle est la différence entre naissance et mort ? Y en a-t-il seulement une – ou n'est-ce que le trajet d'une vie commune – l'écart entre le matin et le soir – entre la lune et le soleil – entre amour et haine – entre joie et tristesse. L'un ne peut exister sans l'autre comme je ne peux exister sans toi.
Quelqu'un ou quelque chose – un sourire ou une larme – un jour nouveau – un nouveau-né – un enfant sans visage aux yeux de vair – boucles blondes – rire cristallin.
Lumière dans la nuit – vers un jour nouveau – un autre horizon – une nouvelle vie – celle où conduit la sente terminière et donnant la main à la petite Gretel. Quelque chose est arrivé.











