Oiseau – soleil – ciel onctueux.
Plus rien d'autre qu'une feuille stridente qui piaille au-dessus de nos têtes. Et puis ce silence bourdonnant plein de cris et de rumeurs.
Ecrire n'importe quoi – à n'importe qui – n'importe comment – pour lui dire ce qu'il doit savoir – doit apprendre – et entendre. Il est des journées sans vent et des nuits sans sommeil – des histoires d'amour sans début ni fin – des jeux interdits – des gestes interrompus – des écrits inachevés – des enfants battus – des femmes violées – des hommes sans honneur – sans fortune et sans joie – aux destins étouffés – aux membres mutilés. D'où vient cette souffrance, cette injustice ? ces cris ? Qui peut s'autoriser à mutiler son frère – à lapider sa soeur ? Monde inabouti – monde vain – monde sans fin. Jour d'ivresse, de colère et de haine – où l'innocence est punie – et le coupable récompensé – où la laideur règne en maître ainsi que l'injustice. Et seule l'écriture peut en dire l'horreur – rappeler qu'il existe une autre réalité – que quelque part luit le soleil et coulent les ruisseaux – que la beauté existe et aussi la bonté – un sourire d'enfant – une main secourable – Les mots qui rassurent – qui sauvent – qui caressent – La musique qui vient enchanter nos oreilles – donner sens à nos rêves – réaliser nos espérances – nommer nos sentiments – leur donner vie et forme – enchanter nos plaisirs – partager notre monde.

Vincent_van_Gogh_(1853-1890)_-_The_Olive_Trees_(1889)Van Gogh