Le jour s'est tu. Un silence ensoleillé règne sur le paysage. Soleil d'hiver – qui succède à une tempête nocturne.
Le souffle rauque de la maison fait entendre sa triste mélopée – et remplit le calme assourdissant.
Le soleil nous couvre de ses rayons comme une main chaleureuse qui voudrait réchauffer nos coeurs endormis.
Au sein de l'âtre une bûche se tord sous les atteintes du feu et tente vainement d'en distraire les morsures.
Et tandis que les arbres tendent vers le ciel leurs branches décharnées, une petite musique envahit l'atmosphère où se traînent des lambeaux de brume nuageuse.
La jeune chatte n'oublie pas de me rappeler à l'ordre gentiment en caressant ma jambe alanguie – c'est l'heure de mon repas, serais-tu en retard ?
Un bruit de papier froissé déchire le silence. Il me souvient de ton regard – de tes mots – qui ressuscitent ton départ pour un endroit mystérieux par-delà le Styx et ses épais brouillards – jusqu'au paradis que tu désirais tant. Sois enfin heureuse et daigne te souvenir du plus profond de ta félicité d'un pauvre hère condamné à arpenter la Terre dans la quête sans fin d'un amour éperdu.
Il est des soleils noirs et des jours enflammés – la mort n'est qu'un passage entre deux univers où s'affrontent tour à tour nos espoirs et nos souvenirs, nos larmes et nos rêves, nos peurs et nos amours – lieu de consumation et d'aboutissement – 
Quand donc reviendras-tu ?
Il est des maisons vides où chaque espace est habité – chaque recoin – et puis d'autres...
Je pense à toi – à nous – à eux – les présents – les absents – les morts – les vivants – à moi.Londres, le ParlementClaude Monet trouée de soleil dans le brouillard (Londres, le Parlement, détail)